Et si tes certitudes sur l’autre n’étaient que des peurs déguisées?
Ce dont il faut se rendre compte c’est que nous sommes profondément embourbés dans les idées que l’humain se fait sur lui-même, sur la société dans laquelle il vit, ainsi que sur ses congénères. Même lorsque l’on décide de se changer dans le but de restaurer l’amour, le pardon, la paix, on doit être prudent face à notre intelligence qui est encore loin, même très loin de celle de l’homme du temps d’Éden qui était à l’image et ressemblance de la Vie, du Père-Mère. L’humain était alors dans une dynamique constante de Bien.
Puis les hommes ont remplacé la constante du Bien par des principes moralistes, nous nous sommes imbibés d’idées religieuses ainsi que d’idées rationalistes. Nous avons ainsi développé en nous, des schémas ancrés souvent invisibles, qui nous conditionnent et nous empêchent d’être des libérateurs de nous-même et de nos frères humains. Nous ne savons plus comment voir vraiment les autres. Nous nous méfions, nous nous écoutons avec précaution, pleins de préjugés, incapables de s’en rendre libres, incapables d’entendre l’autre, incapables de s’ouvrir à sa pensée. Pourtant si toutes les manières de comprendre sont accueillies, nous commencerons à y voir un peu plus clair. Nous prendrons le temps de nous pencher sur chacune d’elles, nous n’en effacerons plus certaines au profit d’autres. Il nous faut réapprendre à donner sa confiance comme le petit-enfant face à ses parents.
Chacun de nous est un univers, alors si on pose ce regard sur chaque humain, quel qu’il soit, on peut se poser des questions : « Quand vais-je savoir écouter pour recevoir l’univers de l’autre ? Quand vais-je suffisamment l’aimer pour ne plus l’enfermer dans ce que je pense comprendre de lui ? Quand vais-je accepter que chacun a sa façon d’être, de comprendre, de réfléchir même lorsque nous allons dans la même direction ? Pourquoi sa façon d’être me provoque des angoisses, des peurs ?
Si nous voulons nous rencontrer pour nous unir dans la réhabilitation du Bonheur nous avons à vaincre en soi, chacun d’entre nous, toutes les barrières érigées depuis des millénaires d’Histoire. Entre autres, les peurs qui prennent les formes les plus variées, qui ont des causes très diverses selon les individus, les circonstances, les habitudes, les peurs irréductibles et irrationnelles. C’est une des faiblesses de l’homme qui demande un changement profond, ce qui n’est pas forcément facile. C’est pourquoi il vaut mieux aborder ses émotions et ses sentiments ainsi que l’agitation du monde le plus sereinement possible, avec placidité et lucidité, plutôt qu’être à la remorque de ses propres émotions qui agitent et qui empêchent de penser intelligemment. Oui, c’est un fait, nous avons nos faiblesses et nos ignorances, et nous sommes désemparés par moments, mais nous devons opposer à la peur de l’inattendu et de l’inconnu que peut présenter un frère humain, l’idée que tous les humains doivent s’aimer et que le premier qui se soumet à cet amour c’est soi-même. L’amour est une attitude stoïque qui aide à surmonter de nombreuses difficultés et permet de réduire les frontières que l’on s’invente. N’oublions pas que beaucoup des actes irrationnels de l’humain viennent de la peur et conduisent à des attitudes qui font souffrir et qui sont en fait une profonde méconnaissance de l’autre, qui pousse aux préjugés. De plus, nous sommes très souvent dans l’exigence vis-à-vis de l’autre ; il faut qu’il soit « comme-ci ou comme-ça », pour répondre aux critères qui sont les nôtres, et qui parfois sont aussi les siens, mais qu’il vit ou envisage et comprend d’une façon différente de celle que l’on pense être « la bonne et juste compréhension ». Alors ils inquiètent, ils nous font peur, nous en arrivons à douter d’eux, à leurs prêter des intentions qui ne leur ont même pas effleurés l’esprit.
Et puis l’humain n’aime pas douter, il veut des certitudes, il ressent comme un besoin essentiel d’être rassuré sinon il se sent en danger. L’homme a ses certitudes sur tout et n’importe quoi, il ne se rend pas compte en fait qu’il ne permet pas à sa pensée de se remettre en cause, de fouiller, de comprendre, de chercher, d’envisager d’autres possibles, de s’évader plutôt que d’enfermer, de condamner, de se rapetisser.
Oui nous devons être prudents, mais prudents par rapport à nous-même, jamais dans la certitude d’être accompli, d’avoir compris, d’être sûr de soi. Le doute pousse à l’interrogation permanente ; ai-je été juste ? ai-je bien compris ? le regard que je porte sur mon frère humain est-il intelligent ou empreint de bêtise, de préjugés, etc ? Le doute est salutaire. Alors Méfions-nous des apparences de profondeur dans notre pensée, parce qu’elles nous donnent des certitudes qui souvent n’en sont que pour nous. Ces apparences nous guettent tous. Nous devons arriver à remettre en cause les certitudes les mieux ancrées parce qu’il nous faut tout faire pour jeter un pont vers l’autre, pour combler l’abîme qui nous sépare de lui.
De plus la difficulté du langage n’est pas des moindres, chacun de nous ressent sous un même mot quelque chose “d’autre”, qui fait que chacun, au fond, a sa propre langue, sa propre compréhension de ce qui est dit. De là l’inévitable part d’incommunicabilité ou de difficulté d’entente entre humains. Cela nous demande une attention toute particulière et notre attention ne peut-être décuplée que par l’amour que nous donnerons à notre frère humain, qui est d’une nature encore inconnue puisqu’il ne s’agit pas d’amour sentimental, mais de l’Amour qui est le moteur de la Création perpétuelle. Pour l’instant ce monde changé est en devenir, par l’intermédiaire de femmes et d’hommes qui ont commencé à prendre cette voie. Il nous faut tout faire pour jeter un pont vers l’autre, pour combler l’abîme qui nous sépare de lui. Oui l’intelligence du cœur ou spirituelle en a pris un sacré coup !
La solution ? La Vie, le Père/Mère, par Le Signe (ou la Révélation d’Arès), la donne : En faisant pénitence, en changeant, en étant dans un perpétuel mouvement de transformation généreuse pour retrouver en soi l’amour inconditionnel pour se libérer de tout ce qui entrave la liberté absolue voulue par la Vie. Alors la Vie, le Père/Mère nous donne une direction de certitude : Se changer pour changer le monde, (Le Signe 28/7) rétablir le Bien sur la Terre par l’amour c’est tout, et c’est TOUT ! C’est cela, qu’on appelle simplement pénitence, elle porte en elle les racines d’une autre civilisation.
N’oublions pas que si notre foi est mise dans la Force de la Vie nous donnons également cette confiance à l’humain sinon ça perd son sens, car la seule certitude est dans la Parole transmise des Hauteurs à l’homme pour qu’il la réalise enfin ! Il faut lever les yeux vers l’infini et se projeter vers le monde de demain, celui pour lequel nous avons été créés, pour qu’enfin notre relationnel avec nos frères humains soit le reflet de l’Amour de la Vie pour sa progéniture humaine. Il est temps de réconcilier l’Homme avec l’Univers !