C’est l’amour, le pardon qui pacifieront le monde
La vie de la Terre est une ligne brisée, qui a besoin d’être réalignée par le pardon humain
“Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font” (Luc 23/34), cria Jésus alors qu’ils le crucifiaient. Quant au monde qui aime tant et réclame tant la “justice” de la loi humaine, (Le Signe xix/24), particulièrement celle édictée et appliquée par les pouvoirs quels qu’ils soient, où se situe-t-il ? Du côté de Jésus ou du côté des bourreaux qui, après y avoir cloué le prophète, redressent la croix où le supplicié va mourir d’asphyxie lente ?
Et c’est bien ainsi que notre humanité se meurt d’asphyxie lente sous le joug du mal engendré par l’homme. C’est cette Histoire à laquelle il faut mettre fin, car elle n’est que dominations, guerres, violences qui engendrent une vengeance sans fin (Le Signe 27/9) et l’impossibilité d’aimer au sens Vrai du terme. Nous avons tous notre part de responsabilité, quelle que soit notre place dans la société. Inutile de compter, de dire : « mais ce n’est pas moi le responsable, c’est l’autre !». La guerre est partout sous dix mille formes, même dans la simple antipathie. L’homme blesse l’homme, et nous sommes en même temps les fauteurs et les victimes de ce mal qui blesse aussi la Vie, qui impacte tout l’Univers. Et la question demeure, suspendue sur le monde : Quand l’homme réalisera-t-il qu’il se tue par le mal qu’il engendre, qu’il s’expose à la souffrance et expose à la souffrance tout ce qui vit ? Qu’il se prive du bonheur incommensurable de vivre heureux, en harmonie avec tout l’Univers ?
Que lui reste-t-il à cette humanité déshumanisée, déspiritualisée ? La grande plainte de l’homme que le présent ne satisfait pas, voué à une succession d’attentes, entrecoupées de peurs, de déceptions, de colères. Alors il se révolte, engendre des révolutions qui malheureusement piétinent l’amour, engendrent la haine et la colère. Violentes, elles ne font que remplacer un dominateur par un autre, une loi par une autre (xix/24). C’est un retour sans fin aux mêmes schémas depuis que l’Adam (le peuple adamique) des temps heureux a voulu essayer « autre chose ».
Le pardon est existentiel, il libère l’humanité
Et puis, caché sous l’amoncellement des lois, des règlements, des procès, des prisons, des cris de vengeance, sous l’amoncellement des souffrances il y a LE PARDON, cadeau inestimable de l’Amour, celui qui engendre un autre possible !
Le pardon est souvent considéré comme une notion désuète, comme un aveu de faiblesse, une « bondieuserie ». Et puis, il y a tous ceux qui estiment que certaines situations sont trop abominables pour accorder leur pardon. La réponse est souvent : « ils doivent réparer leur tort, payer pour ce qu’ils ont fait, ils méritent la mort, la prison, ma souffrance est telle que je n’y arrive pas, le punir va me soulager, etc…Alors, oui ce n’est pas simple, parce que la souffrance que des humains font subir à d’autres est terrible, elle abîme profondément celui, celle qui la subit. Les séquelles sont innombrables : physique, psychique, morale etc. Mais, aussi difficile cela soit-il, si nous voulons vaincre ce fléau, ce n’est pas ainsi qu’on le fera reculer puis disparaître du cœur de l’humanité. Si vous demandez ce que l’on appelle réparation ou punition mais qui est en fait vengeance pour ce qu’il a fait, vous reprenez l’interminable train de la rancœur, de l’amertume, du ressentiment qui n’en finit pas de gangrener les cœurs. Il ne s’agit pas de ne rien faire mais de réfléchir pour créer les conditions qui permettront à celui qui engendre le mal, de réfléchir lui-même pour qu’il prenne conscience de ce qu’il peut être, de ce qu’il peut devenir. Bien sûr des hommes profondément dangereux pour les autres doivent être encadrés, mais pas dans les conditions actuelles, où les prisons ne font que renforcer les dérives des hommes.
Quand tu pardonnes, tu ne changes pas le passé, tu changes le futur !
Mais le passé est le passé. Si vous restez sur le passé vous n’effacerez jamais le mal fait. Alors l‘amour, le vrai, entraîne le pardon, le désir de guérir, non le désir de punir, de faire peur. Là on déborde amplement et résolument du sentimentalisme parce que, on s’interdit de condamner, de souhaiter du mal, d’éprouver de la satisfaction face aux malheurs de l’autre, de haïr ou mépriser qui que ce soit. On s’interdit d’engager le combat contre lui en cherchant le dialogue, aussi difficile soit-il. On s’oblige à neutraliser tous ces sentiments négatifs qui sont une prison, tant pour celui qui les éprouve que pour celui qui les subit. Il y a là un travail immense à effectuer à l’intérieur de soi pour faire ce ménage intense. Oui, le pardon n’est pas facile à accorder, c’est un travail intérieur qui, la plupart du temps, est éprouvant et demande de l’endurance, du dépassement. Mais, c’est seulement par ce biais que l’humanité pourra aimer. Il ne peut y avoir d’amour sans pardon, sans absence de préjugé, sans liberté spirituelle réanimée en soi. Ce n’est pas une question de sentiment, c’est bien une question de vouloir, de volonté. C’est réinstaller en soi l’amour au sens le plus haut, le plus noble. C’est le fil qui conduit à la transcendance de l’humain et de toute l’humanité.
Le pardon est une sagesse de première importance parce qu’il tourne le pardonneur et le pardonné résolument vers l’avenir, il construit l’avenir, il ouvre grandes les portes de tout ce qui découle de la Force, de la Puissance, de la Sainteté de l’Univers, de la Vie. La grandeur ne consiste pas à punir. Elle consiste à toujours chercher à réparer, à réunir ce qui s’est séparé. Sinon, sous prétexte de justice, c’est la barbarie qu’on entretient.
Le pardon est un acte civilisateur, acte de sagesse, de paix et d‘intelligence.
C’est le plus significativement évangélique des actes d‘amour.
Lorsque cette réalité commencera à se diffuser sur terre, l’amour, le pardon, deviendront peu à peu un réel mouvement de fusion avec l’autre. Ce ne sera plus un sentiment voulu mais un sentiment naturel, le besoin d’aimer et donc de pardonner, de faire la paix avec son prochain.
Il faut mettre fin au cycle de la vengeance sans fin (Le Signe 27/9) et commencer le cycle de l’amour (Le Signe 7/5) sans fin. Le pardon est le principal pont entre les deux cycles.