Se libérer de tous ses préjugés
Se libérer de tous ses préjugés :
c’est abandonner ses idées préconçues qui obscurcissent
l’esprit et empêchent l’éclosion de l’amour.
En devenant des humains libres de tous préjugés, en faisant sauter toutes les chaînes des habitudes de penser et de juger, des partialités, des idées reçues, des partis pris, nous rouvrirons la porte fondamentale de la Vie éternelle qui traverse tout, y compris nous. Par l’amour (Le Signe 2/12 ; 21/8…) inconditionnel donné à tous au-delà de nos préférences, de nos affinités, de nos réflexes, nous participerons à la résurrection d’un monde de bonheur (Le Signe, 36/23), dont chacun a la potentialité au fond de lui. Mais pour en arriver à cette étape, il faut d’abord se donner le temps de changer au plus profond de son être, car nous ne changerons pas le monde sans nous changer nous-mêmes (Le Signe, 28/7).
Par Le Signe, la Vie, Dieu ou le Père (peu importe le nom qu’on lui donne), nous rappelle nos origines divines et le pouvoir créateur dont nous disposons. Il éclaire le chemin de celles et ceux qui travaillent à devenir des êtres profondément bons, qui se refont à l’image et à la ressemblance (Genèse 1/26-27) de la Vie créatrice et aimante (Le Signe, 12/7). C’est cette image et ressemblance qui nous donne les capacités de nous réinventer pour nous recréer bons, si nous le voulons, et ainsi de refaire ce monde.
L’une des choses les plus difficiles lorsque l’on se lance dans la pénitence (Le Signe, 8/6 ; 16/17) – qui est un fervent travail de transformation de soi par la pratique de l’amour du prochain sans condition, du pardon, de l’intelligence du cœur libre de préjugés, de la paix – c’est de s’affranchir de ses préjugés qui sont légion, souvent insoupçonnés. Ils pavent nos êtres et le monde comme un champ de mines qui sont autant d’obstacles à l’éclosion de l’amour et de l’intelligence du cœur qui ne peuvent pas se construire sur l’illusion que représente un préjugé.
Oui, le préjugé est une idée préconçue, une image figée que l’on se fait d’une situation ou d’une personne, qui l’enferme, la réduit en même temps qu’il rétrécit notre vue et empêche de poser un regard neuf et lucide, ouvert à toutes les possibilités de la vie ainsi qu’à tous les possibles que peut être et devenir son prochain. Pour fermer la porte aux préjugés, il faut accepter de naviguer dans l’incertitude qui fait partie de notre réalité.
L’esprit est doué pour dissimuler un préjugé en le revêtant d’habits – comme le confondre avec de la prudence ou de l’intuition – qui peuvent lui donner l’allure de la sagesse, en se basant sur des « indices » que l’on suppose fiables alors qu’ils ne sont que suppositions voire élucubrations : la façon de s’exprimer ou de regarder, ses idées, son allure, sa situation sociale, son signe astrologique, ou encore des circonstances nous rappelant une situation passée, etc. C’est avec quelques éléments que l’on croit tangibles, que l’on va se permettre de dire qui est l’autre ou de prédire ce qu’il va se passer par des théories que l’on brandit comme des vérités, sans se rendre compte que l’on cède à la peur de l’incertitude ou aux idées généralistes du moment, colportées par les médias, les partis politiques, les dogmes religieux, la mode, bref, la culture.
La manière de parler ou de regarder d’une personne, ses idées, son apparence, son milieu social, son signe astrologique, ou encore des situations évoquant un vécu antérieur peuvent tous agir comme des déclencheurs.
Ce doigt que l’on pointe sur quelqu’un est le regard accusateur d’un juge qui condamne avant même de connaître, qui emprisonne l’autre dans une attitude ou un état d’être passé ou fictif. Il est nécessaire de s’interroger : « Pourquoi ai-je l’élan de me faire une idée sur mon prochain ? Lorsque je montre du doigt ou que je pense savoir ce qui se trouve en l’autre, qu’y a-t-il en arrière-plan ? L’idée induite que je m’estime meilleur que lui ? »
De plus, le préjugé peut être négatif (critique, rejet, etc.) comme positif lorsque je magnifie ou idolâtre une personne par exemple. Le processus et les conséquences sont les mêmes. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement ?
De ces apriori, peuvent naître des partis pris, desquels peuvent émerger des confrontations entre personnes n’ayant pas la même vision des choses, parce que chacun reste enfermé dans sa propre opinion, défendant son point de vue sans chercher à se laisser habiter par la pensée de l’autre. Et quand ces apriori sont répétés, colportés, sans forcément avec l’intention de nuire car on peut être sincèrement persuadé du bien-fondé de ce que l’on transmet, on ouvre la porte aux rumeurs, aux commérages, aux jugements, autour desquels on se sent reliés. Cela peut donner l’illusion d’un lien qui se renforce ou qui se crée alors que ce qui sous-tend les relations à ce moment précis c’est la dynamique du clan, l’esprit de guerre.
On voit que d’un seul préjugé, de nombreuses conséquences peuvent découler et nous entraîner loin dans le chaos du péché (Le Signe, 8/7 ; 28/12) que l’on entretient tant que nous n’aurons pas opéré une rupture fondamentale avec nos mauvais réflexes et nos habitudes de penser. Alors oui, le préjugé est le cancer de l’esprit avec lequel on perpétue le tragique pied-de-nez fait à la paix et à l’amour. Nos idées préconçues ne sont que les reflets de notre manque d’amour qui nous sépare de l’autre. Il est un univers à part entière, à découvrir et dans lequel plonger pour s’efforcer de vivre ce qu’il vit. À nous de retrouver et nourrir cette soif de nos frères humains.
L’amour, celui donné sans condition, ne peut pas enfermer,
au contraire, il éveille l’autre à lui-même et lui donne une force
dans laquelle il peut puiser pour se voir
avec lucidité et faire éclore sa beauté (Le Signe 12/3).
Mais alors, comment se libère-t-on de ses préjugés ? En s’efforçant de fermer l’oreille au déclic hâtif des opinions préétablies, en éliminant le moindre jugement de son esprit (Le Signe, 16/14 ; 36/16) duquel le Père nous met en garde parce qu’Il sait nos faiblesses (Le Signe 36/5) et les maux qui rongent l’humanité depuis des millénaires :
« […] tu ne jugeras personne, ni publiquement, ni en secret ; pas le plus petit jugement au fond de la tête, car tu ne le piégeras pas plus qu’une puce, à ton insu il sautera sur ta langue. » (Le Signe 36/16)
Évidemment tout cela se fait par étapes, certains vont plus vite que d’autres mais ça n’a pas d’importance, chacun le fait à sa mesure. L’essentiel est de ne pas se reposer sur ses lauriers et d’être un constant et courageux débroussailleur de soi-même.
Alors quand j’ai conscience que je suis en train d’élaborer un préjugé, je décide de ne pas l’émettre verbalement pour ne pas ouvrir la porte à la médisance. Mais je ne peux pas en rester là, je me donne les moyens de combattre mon préjugé jusqu’à ce qu’il n’ait plus de prise sur moi et qu’à sa place, s’installe un silence intérieur bienfaiteur. Il n’y a que comme cela que je commencerai à aimer absolument. L’amour ne peut exister que dans le cœur de l’humain qui renonce à tout ce qui le fait dévier de la douceur (Le Signe, 25/9), de l’écoute, de la bienveillance, du respect, de la paix, du pardon, etc.
Si je me vois tel que je suis, aussi complètement que possible, j’ai les clés en main pour entreprendre ma transformation. Alors lorsque je choisis de changer, je me passe sous le microscope de ma conscience guidé par l’amour du prochain comme seul critère d’observation. C’est par cet amour voulu que je travaille en moi, que j’apprends à être humble et lucide, jusqu’à me faire ressentir ce vide que crée ma carence d’amour. Ainsi, je lève le voile du rêve (Le Signe II/14) que je me fais de moi-même. C’est bien cette humilité (Le Signe, 34/1), outil ô combien précieux, qui fortifie ma volonté (Le Signe 12/4) et mon envie de changer, mon besoin d’aimer. Avec elle comme alliée, je me remets en question en permanence, je m’espionne pour regarder ce qui me traverse et débusquer les préjugés et les jugements qui passent.
Ce travail, je le mène en moi-même, mais pas sans les autres car comment aimer, pardonner, faire la paix et se libérer de ses préjugés sans être confronté à l’altérité ? Sans eux, je ne suis rien, je ne vais pas loin. Par les autres, je me vois mieux moi-même, et j’ai accès à une nouvelle facette de notre humanité. J’ai besoin de leurs regards sur la vie.
Comment retrouver le terreau de l’amour qui unira tous les humains sans passer par la phase transitoire – qui sera longue (Le Signe, Veillée 24) – d’un travail qui demande de l’abnégation, du courage, une espérance à toute épreuve et une confiance absolue dans l’humain et dans la Vie qui coule de tout l’Univers jusque dans la moindre de nos cellules ? C’est ainsi que, peu à peu, je me sentirai lié à toute l’humanité, que je pourrai de plus en plus m’identifier à mon prochain en partageant ses maux et ses joies. Décider d’aimer, c’est faire le choix de voir les humains au-delà des apparences, comme le Père les voit lui-même, parce que nous sommes tous faits du même moule, tous frères au sens le plus sublime du mot.
Nous commencerons vraiment à nous aimer lorsque nous considérerons sans a priori toutes les façons d’être, de penser, toutes les opinions quelles qu’elles soient. C’est ce positionnement totalement libéré des concepts d’un monde malade spirituellement qui nous permettra d’avancer ensemble, de respecter la pensée de l’autre, de prendre le temps de l’entendre et de l’accueillir. C’est un regard partant du cœur de l’homme qui aura forgé sa conscience dans le seul but d’aller dans la direction de l’amour.
Ainsi, nous ferons la soudure entre tous les êtres.
Nous réaliserons la grande libération de l’être humain !
Nous pourrons aller loin, très loin : nous nous métamorphoserons !