La liberté et l’amour sont indissociables
La liberté et l’amour sont indissociables,
parce qu’aimer redonnera au monde sa fluidité, sa liberté originelle.
Aimer ouvrira toutes les portes qui conduiront l’humanité au Bonheur (Le Signe, 36/23).
Je suis libre (Le Signe, 10/10) quand je me préoccupe de tout humain – peu importe qui il est – comme de moi-même. Par-là, je brise toutes les barrières qui me séparent de l’autre. Je me libère de l’enfermement en moi-même et je vais à la vraie rencontre de mon semblable, car nous sommes tous frères, bons ou mauvais. Me mettre à voir l’autre comme un autre moi-même – y compris mon ennemi, celui qui me rejette, me domine ou qui me répulse – à lui donner l’attention, le souci que je me porte, c’est commencer à éveiller en moi un amour puissant, qui dépasse toutes les préférences, un amour sans condition. Cela me demande de me délivrer d’une foule de sentiments, d’émotions, d’interprétations, de supputations, d’embrigadements, produits par mes préjugés, mes jugements, mes peurs, mes réflexes et mes inhibitions qui ont le cuir tenace. Je fais ainsi le choix de me pencher dessus, d’y réfléchir avec honnêteté, de conscientiser mon être intérieur avec lucidité et courage pour me donner la chance de me réorienter vers l’unique porte qui libère, celle de l’amour. C’est pourquoi, se mettre à l’amour du prochain, c’est-à-dire à entrer en pénitence* (Le Signe 8/6 ; 33/13), demande beaucoup de vaillance et de sacrifice de soi.
C’est l’amour qui sauvera l’homme de son propre péché, c’est-à-dire du mal qu’il fait, et la liberté qui sera son principal obstacle, car aimer (Le Signe 2/12 ; 21/8…) inconditionnellement est un choix, un devoir que l’on se donne librement (Le Signe, 19/2). L’amour ne peut être imposé, la liberté pouvant être utilisée pour le rejeter comme pour le donner, d’où le lien intrinsèque entre les deux.
Il faut bien le dire, d’une façon générale, l’humain se concentre davantage sur ce qui ne va pas chez l’autre plutôt que de voir ce qui est beau (Le Signe, 12/3). Il en finit par oublier de regarder le travail qu’il a lui-même à faire. Alors en apprenant à ne plus m’attarder sur ce qui me dérange, à voir au-delà des apparences, et en m’efforçant de ne voir que le bien en chacun, je prends conscience que l’autre c’est aussi moi, et que nous sommes la même humanité.
En fait, nous partageons tous les mêmes attributs (Le Signe, chap. VII, encadré) donnés par la Vie ou Dieu ou le Père/Mère : parole, individualité, créativité, amour et liberté, qui font de nous les images et les ressemblances les uns des autres, faisant dire à la Vie que nous sommes un. Cette réalité dépasse notre propre humanité, car nous sommes un avec tout ce qui est vivant, un avec l’Univers, un avec le Père/Mère dont nous sommes les Enfants créés avec amour.
C‘est bien en brisant les barrières qui nous séparent qu’on ne fait plus de différence entre le bonheur de l’autre et le sien. On se sent concerné par ce qu’il est, par ce qu’il vit. On éprouve le besoin de chercher à éveiller son frère à son image et ressemblance (Genèse 1/26-27) de la Vie, c’est-à-dire à sa beauté (Le Signe, 12/3) qui gît au fond de lui. Beauté dont nous sommes tous capables, dont nous sommes tous héritiers. Aimer son prochain comme soi-même (Lévitique 19/18) prend enfin tout son sens.
C’est un pas gigantesque que l’humanité peut enclencher si suffisamment de femmes et d’hommes, au fil de générations généreuses, s’y attellent avec dévouement, courage et ferveur. C’est une belle espérance, celle que soulève la foi mise dans la capacité de l’humain à changer (Le Signe, 28/7), à retrouver sa racine divine, la foi mise dans la Vie qui est partout.
Aimer c’est se libérer et se libérer c’est aimer, l’un ne va pas sans l’autre.
Oui, l’homme d’amour se libèrera du péché. Il rendra au monde sa Genèse : l’homme libre créé à l’image et ressemblance du Père/Mère qui utilisera à nouveau ses dons non plus pour détruire mais pour faire vivre le Bien sur Terre.
Tout homme qui brûle du courage et de la volonté de se libérer de tout ce qui l’empêche d’aimer pour se recréer et recréer le monde,
se miracule et prépare un grand miracle dans le monde : celui du Bonheur général retrouvé.
*Pénitence : action de profonde transformation intérieure (aimer, pardonner, faire la paix, acquérir l’intelligence du cœur libre de préjugés) à laquelle nous invite Le Signe.